Avril 2008 : Chasseuse de Pie

Le 19 avril 2008, par ce beau temps l'air portait pour les parapentistes comme pour les aigles. J'ai constaté une fois de plus que le parapente est parfaitement compatible avec la faune sauvage des falaises : les aigles de Bonelli ont aussi profité des thermiques dans le même secteur, et en même temps que les parapentes. Puis ils sont venus chasser la pie tranquillement sur le Cengle où je leur ai une fois de plus tiré le portrait. Celle-ci est la femelle qui se reconnaît à ses culottes sombres, alors que celles du mâle sont beige clairsemé. Posée sur son rocher, elle maintient sa proie entre ses serres puissantes.

Alain Marmasse .

La femelle maintient  fermement une pie entre ses serres puissantes

 

Posée sur son rocher

Photos : Alain Marmasse


 

Juin 2007 : Un aigle de plus à Sainte Victoire

Par Françoise HURLIN


Un nouvel aigle de Bonelli est né à Sainte Victoire ce printemps, une jolie femelle de 2 kg en pleine santé, juste entre les deux décollages parapente les plus fréquentés de la région. Le baguage  a été effectué par les ornithologues Nicolas Vincent-Martin et Alain Marmasse, avec l'aide des gardes nature du Grand Site Sainte Victoire, dont Laurent Gautier, garde nature mais aussi parapentiste confirmé. Ce sont Philippe Lèbre et Karine Bonoldi, tous deux BE parapente, qui ont descendu l'aiglonne du nid perché en haut d'une falaise impressionnante, malgré les chutes de pierres et un vent violent. Le couple d'Aigles de Sainte Victoire est depuis dix ans le plus prolifique de France et se reproduit chaque année.

Il reste seulement 25 couples d'Aigles de Bonelli en France, sédentaires sur leurs sites protégés. Cette année, ces 25 couples ont donné naissance à 25 aiglons, un bon résultat global, les meilleures années connues affichant 30 à 32 naissances.

L'aiglonne de Sainte Victoire lors du baguage, mai 2007 photo Francis HEILMANN


L'aiglonne de Sainte Victoire a pris son envol vers le 5 juin dernier et restera sur les crêtes du massif jusqu'à la fin de l'été, période à laquelle elle entamera une migration de deux ou trois ans vers l'Espagne, avant de revenir s'installer à son tour quelque part dans le sud de la France. De la même taille déjà que ses parents, elle est actuellement facile à reconnaître en vol : vu de loin, son plumage juvénile est entièrement roux comme un écureuil, sans aucune tache blanche.

Après les méfaits de la déprise agricole du siècle dernier et devant les poussées de la rurbanisation, non seulement le parapente fait la preuve qu'il ne nuit pas à l'environnement, mais montre qu'il est un facteur positif du développement d'une biodiversité riche, qu'il s'agisse de rapaces, de mammifères, d'insectes ou de fleurs.

A l'initiative de Francis Heilmann et en ouvrant  depuis 20 ans les milieux de façon bien maîtrisée, l'agriculture de loisir qu'a généré le vol libre à Sainte Victoire a permis le retour d'espèces protégées de faune et de flore. Et notamment l'implantation d'orchidées rares dont personne ne soupçonnait l'existence dans la région, directement liée à l'activité d'entretien des sites parapente suivant un calendrier strict. Après les aigles, les circaètes et les vautours, le prochain retour attendu à Sainte Victoire est celui du mouflon.

Pour la première fois, un groupe de 13 vautours fauves a été observé par les parapentistes au soir du 15 juin 2007, parcourant Sainte Victoire d'est en ouest jusqu'à la Croix de Provence. Jamais ils n'avaient été observés si nombreux ici, il est très probable qu'il s'agisse des vautours réimplantés à Rougon, dans les Gorges du Verdon, en maraude à la recherche de charognes de moutons sur Sainte Victoire.

J'en profite pour un petit coup de coeur : Philippe Lèbre, qui travaille bénévolement à la protection des aigles de Bonelli depuis 10 ans, et Karine Bonoldi prennent leur envol eux-aussi. Ils viennent de créer leur propre école parapente, Roc N'Vol, sur les sites du Verdon, avec pour zone de prédilection Moustiers et Aiguines, qu'ils connaissent parfaitement.

Françoise HURLIN

 

L'aiglonne de Sainte Victoire lors du baguage, mai 2007 photo Francis HEILMANN


 

La femelle du couple d'Aigles de Bonelli de Sainte Victoire, mère de l'aiglonne
photos Alain MARMASSE

 


Mai 2008 : Une photo rare d'un Circaète à Sainte Victoire

 

Une photo rare d'un Circaète à Sainte Victoire, passé par hasard et par surprise dans le champ de l'appareil photo. Ce rapace migrateur ne vient que la belle saison chez nous, à cause de son régime un peu spécial : des serpents et des lézards, comme son cousin africain le Serpentaire, qu'il va rejoindre en hiver de l'autre côté de la mer Méditerranée.

Quand les parapentistes volent au-dessus des lignes THTension d'EDF, ils risquent d'en voir sur les pylônes, faciles à reconnaître car toujours postés en observation sur les pointes les plus hautes.

La photo est un peu sombre,l'oiseau est tout blanc dessous, c'est pour cela qu'on l'appelle aussi "Jean le Blanc".  Quand il fait le "Saint-Esprit", battant des ailes en vol stationnaire,c'est pour localiser une proie au sol, comme la petite Crécerelle commune à Sainte Victoire. Ces derniers temps on l'observe le plus fréquemment sur le Cengle ou sur les petites crêtes entre Puyloubier et Châteauneuf le Rouge, ou en plaine comme à Pourcieux, où les lézards et serpents sont plus faciles à chasser.
Envergure 1m 90,  poids 2Kg.

Alain MARMASSE


Rencontre en vol avec un Milan noir

Au VERTIGO 2008, Francis HEILMANN saute de parapentes biplaces avec ses vieux parachutes Papillon et Olympic EFA datant des années 1965-1970, et se pose dans l'eau juste devant le public.
Curieux, un grand rapace s'approche et observe de très près ce parachute inconnu pour lui. C'est un Milan Noir (Milvus Migrans), un rapace migrateur extrêmement adroit en vol et pas du tout craintif. Comme le Vautour, c'est essentiellement un charognard.

Photo : Michel FERRER