LE PARAPENTE A SAINTE VICTOIRE
Historique :
Dès 1984, William Kolarovic réalise le premier grand vol en parapente à Sainte Victoire, à partir du Garagaï, à l'ouest de Sainte Victoire. D'autres le suivent, dont Gérard Martin, Franck Billiotte, Philippe Berthoux, Francis Corniglion, et quelques pilotes montagnards. Ils pratiquent régulièrement le "saut en parapente", avec les premières voiles issues du parachutisme, peu performantes.

William Kolarovic décolle de la Croix de Provence - Photo : DR
Fin 1988, Francis Heilmann et Jean-Louis Warocquier regroupent 6 parapentistes de Puyloubier et de la région d'Aix-en-Provence, dont Walter Giachetti, Maurice Ferretti, Jean-Yves Lacurie et Béatrice Mathieu. Ensemble ils créent le club "Parapentes de Sainte Victoire", en décembre 1988, et installent à Saint Ser le premier atterrissage officiel de Sainte Victoire, avec l'autorisation du propriétaire et de la Mairie de Puyloubier. L'année suivante, ils sont 30 et le club est déclaré Jeunesse et Sport. Depuis, cette structure est devenue le plus important club de vol libre de la région, avec une centaine d'adhérents. En remerciement des efforts consentis et en reconnaissance de l'insertion réussie d'une activité sportive nouvelle à Sainte Victoire, en janvier 2000 le Président du club parapente, Francis Heilmann, reçoit la Médaille de Puyloubier. Un honneur largement mérité individuellement par des années de travail bénévole, mais aussi par les efforts de très nombreux pilotes de la région pour faire du vol libre une activité sportive responsable et viable à long terme, parfaitement insérée dans son cadre naturel protégé.
Population :
100 pilotes expérimentés, dont quelques filles, moins de 10 %. Pour la plupart, les parapentistes sont ingénieurs, professeurs, médecins, techniciens, étudiants, pompiers ou militaires.
Activités :
Le club est basé à Puyloubier, et représente la Fédération Française de Vol Libre (parapente et deltaplane, 30 000 adhérents). Il gère et entretient depuis 1988 le site de Vol Libre de Sainte Victoire, les sentiers d'accès aux zones d'activités de vol libre, et le secteur de Saint Ser à Puyloubier. Les parcelles abandonnées de Saint Ser ont été valorisées et aménagées en prairies et zones de reboisement, les sentiers tracés et balisés, ainsi que diverses opérations de nettoyage menées par les pionniers du vol libre, qui ont permis lors des dix premières années l'enlèvement de vingt tonnes d'épaves, décharges sauvages et ordures dans la montagne. Les activités aériennes ont été définies dès 1989 en collaboration avec les principaux acteurs régionaux de préservation de la faune et de la flore, notamment en qui concerne les Aigles de Bonelli, rapaces devenus rares en Europe dont un couple se reproduit avec succès chaque année à proximité des aires d'envol parapente.
L'aménagement des sites et l'accueil des parapentistes à Sainte Victoire sont réalisés dans le cadre de la continuité de la préservation de l'environnement, de la faune et de la flore, avec le soutien de la Mairie de Puyloubier et du Grand Site Sainte Victoire.
Le club local accueille les pilotes autonomes pour du perfectionnement au vol en parapente et du vol montagne. On y trouve aussi quelques compétiteurs de bon niveau, mais surtout des amoureux de la nature, bons montagnards et des randonneurs avertis. Vols de distance, de 50 à 150 km à travers la Provence. Vols en haute montagne au Mont Blanc, à l'Aiguille Verte, aux Grandes Jorasses, Andes, Himalaya, etc.
Sous l'impulsion de Francis Heilmann, Sainte Victoire est aussi devenue une pépinière de pilotes d'animation et de démonstration, présents dans les grands évènements du vol libre et du parachutisme depuis 15 ans, dont la fameuse Coupe Icare, mondialement connue. ........

Photo : Alban FORMISANO
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'ALBUM RETROPhotos : DR

William en vol avec sa DRAKKAR.
Récit de William paru dans le ParapenteMag numéro 2
PREMIERE A LA SAINTE
C'était fin 84, 2 jours avant Noël . J'avais appris a voler à Mieussy et
j'habitais au pied de la montagne Ste Victoire, d'ou personne encore n'avait
jamais volé. Les trois seuls parapentistes de l'époque en parlaient avec effroi, évoquant des turbulences et des thermiques monstrueux le long de l'énorme
falaise.
Je suis parti un midi, vers les crêtes du Signal (La croix qu'on aperçoit
depuis Aix ou St Antonin). Le ciel était limpide, le vent de face. Il m'a
d'abord fallu batailler pour gonfler, face à la voile, puis dans une intense
émotion, déclencher l'envol.
Instant magique car cette montagne m'a fait rêver depuis l'enfance. Aussitôt
décollé, j'ai vrillé les élévateurs de ma Magnum pour voir ma montagne
s'éloigner.
Mon huitième grand vol avait forme de rêve, dans l'air frais de cette
magnifique journée d'hiver. Aucune des monstruosités craintes dans nos
conversations des mois précédents ne survint, je me posais en douceur dans une
petite clairière et laissais éclater ma joie. Que de jolis vols en perspective....

Atterrissage de St Ser avant l'incendie.

Atterrissage de St Ser, ITV Gemma au gonflage.

Atterrissage de St Ser après l'incendie.

Décollage de la chapelle de St Ser.